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De RTE à Coach Agile : 5 questions à Eric Buscaill

Être acteur de la transformation de son entreprise, un leitmotiv qui a poussé Eric Buscaill à devenir Coach en Agilité à l’échelle, après avoir occupé pendant près de deux ans le poste de RTE au sein du groupe orange. Une transition vécue de l’intérieur par Sylvain Hochart, Coach Agilité à l’échelle chez inspearit puisque c’est lui qui l’a accompagné dans cette nouvelle voie. Une aventure qu’ils nous partagent sous forme d’interview. 

Eric, qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir coach ?

J’ai voulu évoluer après avoir occupé un poste de RTE pendant plus de deux ans. Ce qui a probablement déclenché cette envie a été le fait d’avoir été assisté par un coach qui m’a aidé à prendre en main mon rôle de RTE. Dans le même temps, j’ai moi-même commencé à expérimenter la dimension coaching en accompagnant les équipes du train. Je me suis rendu compte que j’avais cette appétence pour l’accompagnement et j’ai eu envie de progresser dans cette voie.

J’avais également envie d’être encore plus acteur dans la transformation de mon entreprise, être au cœur de cette transformation en y participant plus activement.

Enfin, je souhaitais capitaliser sur mon expérience acquise et mon vécu de RTE pour me mettre à la disposition d’autres personnes et au service d’autres collectifs, tout en découvrant de nouveaux contextes.

Quelle a été ta première mission d’accompagnement ?

Ma première mission a été d’accompagner un train d’environ 120 personnes, dans le cadre de son extension en une Large Solution composée de 3 trains et environ 250 personnes. Dans le cadre de cette transformation, j’ai été intégré à un dispositif de coaches qui se coordonnaient pour accompagner l’ensemble des niveaux du framework SAFe, c’est à dire les équipes, les collectifs de train, Large Solution et LPM. Au sein de mon train, j’accompagnais certains rôles, tels que le RTE et les Product Managers, ainsi que des équipes du train. 

Qu’as-tu appris au cours de cette évolution ?

Tout d’abord, j’ai appris à utiliser une méthode structurée d’accompagnement. Par exemple, formaliser un contrat de coaching, expliciter une feuille de route d’accompagnement et définir les métriques de suivi… Ce ne sont pas forcément des choses que l’on fait lorsque l’on est RTE et que j’ai découvert sur cette première mission.

J’ai également dû prendre du recul et modifier ma posture. Même si le RTE et le coach ont l’objectif commun d’entrainer les équipes vers l’autonomie, la position du RTE le pousse à prendre des décisions opérationnelles au quotidien. Ce n’est plus le cas lorsqu’on devient coach. A présent, mon rôle n’est plus de prendre des décisions, mais de les faire émerger sans les orienter. De créer un cadre pour aider les équipes et les collectifs accompagnés à avoir toutes les cartes en main pour expérimenter leurs propres solutions… en acceptant que ces solutions soient différentes de celles que j’aurais proposées.

Cette prise de recul m’a fait prendre conscience rétrospectivement que j’aurais agi différemment, en tant que RTE, si j’avais vécu cette expérience de coach au préalable. Par exemple, j’aurais utilisé des métriques de maturité des pratiques ou de bien-être des équipes, en plus des métriques d’efficacité opérationnelle. J’aurais également plus embarqué l’équipe « Core Team » et les Scrum Master du train dans la dynamique de transformation, je les aurais plus poussés à évaluer leur impact sur l’amélioration continue. Ce sont des choses que l’on ne prend pas forcément le temps de faire lorsqu’on a le « nez dans le guidon ». 

Quelle a été ta principale difficulté ? 

Mon principal défi a été de ne plus prendre les décisions ! Cela rejoint le changement de posture que je viens d’évoquer. Avant d’être RTE, j’étais déjà reconnu comme un expert dans mon domaine et un sachant dans l’Agilité. De ce fait, les équipes attendaient de moi des réponses… Alors naturellement, je leur donnais ! Avec le recul, je me rends compte que c’était plus facile pour moi de décider que de faire émerger de nouvelles idées. Si c’était à refaire, je serais plus dans le questionnement et je ferais en sorte que les équipes soient moins dépendantes de moi. 

Le plus gros travail pour moi a été de passer du « faire » au « faire-faire » :  j’ai dû « ronger mon frein », accepter de ne pas aller trop vite et laisser les gens aller à leur propre rythme.

Pour conclure, quels conseils donnerais-tu à un RTE qui envisage lui aussi d’évoluer vers le coaching ?

Je donnerais deux conseils : tout d’abord, évaluez votre propre envie de passer d’une situation où vous maitrisez à une situation où vous accompagnez ceux qui sont en responsabilités. Il faut pouvoir évaluer sa propre posture et être prêt à lâcher prise. Cela peut se faire en expérimentant progressivement ce changement de posture dans votre rôle actuel.  

Deuxièmement, si vous en avez la possibilité, faites-vous accompagner par un coach expérimenté. Il vous aidera à ne pas limiter votre rôle de RTE à sa dimension opérationnelle et vous guidera pour faire grandir les collectifs accompagnés.

En conclusion, si l’aspect accompagnement vous motive dans votre rôle actuel de RTE, je vous encourage à sauter le pas ! 

Le mot de la fin…

Merci Eric de t’être prêté au jeu de l’interview ! Et bienvenue dans la communauté des coaches Agiles à l’échelle, je suis ravi de t’avoir accompagné dans cette évolution. A ton tour maintenant d’accompagner de futurs coaches… Peut-être l’objet d’un futur article ? 

Sylvain Hochart, Consultant Senior Agilité à l’échelle avec l’aimable concours de Eric Buscaill, coach Agile à l’échelle chez Orange