trianglee

Blog La RSE, nouveau gouvernail des entreprises !

Linkedin Twitter
Scroll
09/04/2021

Presse

Par Serge Douillot, Président du Directoire d’Inspearit Group

 

Ecrit en chinois, le mot « crise » se compose de deux idéogrammes : l’un représente le danger, l’autre l’occasion à saisir. Pour certaines entreprises, la crise que nous vivons actuellement a révélé l’importance d’une responsabilité sociale élargie. Pour d’autres, les enjeux purement économiques de compétitivité et d’emploi ont supplanté l’intérêt général. En situation de danger, on resserre les cordons de la Bourse, or, sacrifier sur l’autel du profit la RSE, est toutefois une erreur ! Dans un rapport publié fin 2020, deux organisations, Entreprises pour l’environnement (Epe) et le Boston Consulting Group (BCG) estiment au contraire que les sujets de responsabilité sociétale, sont au coeur de la résilience des entreprises et de leur compétitivité sur le long terme. Il est donc urgent de considérer la RSE comme un outil de gouvernance de première importance.

 

En France, Il y a une dizaine d’années, le concept de RSE ne dépassait guère un cercle d’initiés, engagés dans la démarche par conviction. Mais depuis mai 2019 et l’adoption de la loi Pacte, cette démarche, aussi vaste que transverse, bénéficie d’une conjoncture réglementaire favorable. Modifié, l’article 1833 du Code Civil reformule l’objet social de l’entreprise, obligeant toutes les sociétés à prendre en considération « les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité ». En rappelant aux organisations leur rôle économique et social au sein de la Cité, la loi Pacte redéfinit comme citoyenne, toute entreprise qui intègre dans ses choix économiques, la dimension collective de son environnement. Pour autant et surtout en temps d’incertitude, être une entreprise citoyenne est loin d’être un acte naturel. Mais un acte qui doit correspondre aux valeurs intrinsèques de sa propre organisation et faire partie du projet d’entreprise. Mais ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas de privilégier l’intérêt général au détriment de l’intérêt financier, mais de les aligner ! C’est la définition même de l’entreprise citoyenne. Ce n’est que l’alignement de ces deux intérêts qui permettra à l’organisation de justifier « son acte citoyen » et le mener à bien. Ainsi, en faisant de la RSE le premier outil de la gouvernance, la transformation responsable des entreprises devient un indicateur de performance.

 

Extrêmement puissante à la seule condition qu’elle soit bien utilisée, la démarche RSE doit être présentée comme un projet collectif associant les collaborateurs à sa formalisation. Adossée à une stratégie forte et à une trajectoire claire et transparente, la démarche doit être portée par la direction de l’entreprise. Car c’est elle qui insuffle une dynamique et sponsorise le projet en permettant aux équipes de changer de point de vue et d’intégrer à leurs comportements des enjeux tels que l’environnement, l’éthique des affaires, les achats responsables et la « qualité » de leurs sous-traitants.

 

Porteuse de tous les germes de l’innovation, vecteur d’une nouvelle approche, la démarche RSE incarne, à elle seule, la durabilité et la croissance. C’est une porte ouverte à la création de valeur économique, à l’accès et l’inclusion des produits et services de l’entreprise, au bien-être du consommateur, à celui des communautés et des collaborateurs. Autant d’exigences plus qu’actuelles qui demandent aux organisations de maximiser leur impact sur toutes ces dimensions plutôt que de se concentrer uniquement sur le « Total Shareholder Return » (1)

 

Et pour faire face à ce défi, les entreprises doivent opérer une transformation profonde et à l’échelle. Chez Inspearit, nous estimons, qu’au-delà des indicateurs, le passage à l’échelle nécessite des innovations en termes de process, de produits, de services et de modèles intégrant les impacts environnementaux et sociaux. C’est pourquoi, en lien avec les directions, nous analysons l’existant et fixons un cap, nous définissons ensemble l’ambition et les objectifs RSE ainsi que le périmètre visé. Embarquer les équipes lors d’une phase de réflexion collective, nous permet d’identifier, choisir les actions et ainsi repenser la chaîne de valeur pour faire évoluer les pratiques et surtout atteindre les objectifs visés. En accompagnant les organisations à réfléchir et à mettre en œuvre un vrai plan d’actions, à construire une « raison d’être », nous engageons la conduite du changement afin d’intégrer l’écosystème au cœur d’une démarche responsable qui considère la performance comme holistique.

 

Les crises précédentes nous ont montré qu’un choc peut être une occasion de déclencher des changements profonds. C’est pourquoi, la RSE doit passer le crash test covid-19 afin d’inscrire la performance des organisations dans la durée.

 

 

Serge Douillot, Président du Directoire d’Inspearit Group

Conseil en management de la Performance et de la Transformation Organisationnelle et Compétencielle.

 

(1) le taux de rentabilité qui prend en compte, pour une période définie, la somme des dividendes perçus par un actionnaire ainsi que la plus-value latente réalisée).