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Blog Objectif «PERFORMANCE»

Profondément impactées par la crise du Covid-19, les entreprises vont devoir réviser leur plan stratégique. Le maître mot du plan révisé risque d’être « PERFORMANCE ».

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10/04/2020

Article d'expert

Par Christophe Coupé

Point de vue, par Christophe Coupé, Directeur de la Practice « Organizational Performance » chez inspearit

 

Depuis quelques semaines, l’activité économique s’est fortement contractée. D’abord en Chine, puis en Europe, aux Etats-Unis et finalement partout dans le monde. Signe de cet arrêt brutal, le chiffre du chômage américain : ce sont plus de 15 millions d’américains qui se sont inscrits au chômage en trois semaines.

Alors que les énergies se sont mobilisées dans un premier temps pour organiser la lutte contre le Covid-19, les réflexions se multiplient désormais pour imaginer et mettre en œuvre l’après confinement et donc la reprise des activités économiques. Quiconque a vécu l’arrêt momentané d’un programme sait combien la reprise est difficile et douloureuse. Alors, à l’échelle de la planète, cela risque d’être extrêmement compliqué.

En effet, il faut remettre en ordre de marche l’ensemble des interactions à l’échelle mondiale. Tous les pays n’ont pas été meurtris par le Covid-19 au même moment. Le redémarrage va donc se faire en ordre dispersé, pays par pays, voire région par région. Si l’entrée en crise a été brutale, la reprise risque d’être plus lente. Ainsi Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, annonce-t-il : « Cette crise sera violente, globale et durable ».

Seule réelle certitude à date, l’impact financier est réel et majeur, pour les Etats, les entreprises et bien entendu les citoyens. Selon une étude du CEBR (Center of Business and Economic Research), cette crise coûte environ 2,4 milliards de livres par jours au Royaume-Uni. En France, le gouvernement table désormais sur une récession de 6% en 2020. A titre d’exemple, pour Total, l’impact de la baisse du prix du pétrole qui a accompagné cette crise va se traduire par un trou de 8,4 milliards d’euros par rapport à son budget 2020.

Face à cette situation, les entreprises disposent de deux leviers principaux : réduire leurs coûts, améliorer leur performance. Les premières annonces de réduction des coûts ont déjà commencé. Elles concernent les investissements (ex. Total, Saint-Gobain), le gel des recrutements, l’arrêt des rachats d’actions, la révision à la hausse des plans d’économie… Mais pour rester compétitif avec moins de moyens, il va falloir aller plus loin. Ces plans de réduction des coûts vont devoir être accompagnés de plan d’amélioration de la performance.

Cette course à la performance va devoir être lancée très vite. Le temps va compter. La concurrence va être exacerbée. On voit déjà comment les entreprises chinoises tirent profit de leur sortie de crise quelques semaines avant les autres. Il s’agit donc de recouvrer au plus tôt un niveau de rentabilité suffisant, afin de préparer les investissements pour le futur, qui vont être momentanément gelés. La mobilisation générale autour de la PERFORMANCE sera donc vraisemblablement le maître mot des stratégies à venir.

Les entreprises les moins matures, orientées en priorité sur le court terme, vont chercher à réduire, voire à stopper les projets, à réduire le recours aux prestataires, à renégocier les contrats avec les fournisseurs… Autrement dit, croyant travailler sur la performance, elles vont uniquement tenter de réduire les coûts. Les plus matures, celles qui portent une vision sur le moyen ou long terme, vont certes réduire les coûts, mais surtout, une fois cette première étape vite franchie, elles vont aller chercher la performance ailleurs.

Pour répondre à cet impératif, nous avons l’habitude, au sein de notre Practice inspearit dédiée à l’amélioration de la performance, de mobiliser trois types de levier : l’organisation et la gouvernance, la culture et le management, les processus et les pratiques. Quelques pistes de progrès devront par exemple être lancées très vite : revoir l’organisation pour repenser la gestion de crise et développer la capacité de résilience, transformer la culture et le management pour faciliter le travail collaboratif à distance, refondre les processus et les pratiques pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de commercialisation…

En faisant cela, ces entreprises vont investir durablement pour leur avenir. Elles sortiront gagnantes et renforcées de cette course qui va bientôt démarrer.